Dans un monde musical qu’il juge de plus en plus formaté, Meiway tranche sans détour : « Aujourd’hui, on n’est pas obligé d’être un super chanteur pour faire une grande carrière ». Pour l’artiste ivoirien, la révolution technologique a profondément bouleversé les règles du jeu du show-business. « On peut tout maquiller en studio, tout formater en studio et vendre simplement votre plastique ou votre physique », déplore-t-il, en opposant cette ère à celle où, selon lui, « il fallait avoir du talent pour être sur scène ». Une critique directe d’une industrie où l’authenticité vocale céderait trop souvent la place à la mise en scène et au marketing.

Au-delà de cette dénonciation, Meiway insiste sur la responsabilité des figures artistiques devenues des références publiques. « Quand on est une légende, on a un devoir. C’est un devoir d’exemplarité », affirme-t-il, rappelant que les artistes sont désormais des « messagers » dont les paroles doivent porter du sens. Celui qui officie comme coach dans The Voice Afrique Francophone 2026 inscrit ainsi son parcours dans une logique de transmission, où l’expérience doit servir à guider une nouvelle génération parfois façonnée par les logiques rapides du divertissement contemporain. Même ses œuvres les plus spirituelles, comme Golgotha, s’inscrivent dans cette volonté d’interroger le monde et ses dérives.

Malgré plus de 35 ans de carrière, Meiway continue d’illustrer une rare longévité dans un secteur volatil. « Ce sont mes enfants et mes petits-enfants qui étaient dans la salle », confie-t-il après un concert au Casino de Paris. Une fidélité qu’il attribue à la passion et à la capacité de la musique à traverser les époques. Il déclare que : « je chante dans mon patois, mais tu es emporté par la chanson. ». Entre exigence artistique et constance scénique, il revendique une trajectoire où la persistance finit par déjouer les modes du show-business.

Ulrich Enyegue